La table du dimanche
Le pot-au-feu mijotait depuis l’aube. Ma mère, qui ne s’asseyait jamais avant tout le monde, montait et descendait l’escalier de la cave pour aller chercher une bouteille, un bocal, un souvenir. Les voisines s’invitaient sans qu’on les invite ; c’était l’époque où l’on entrait chez les gens comme on entrait chez soi.
Je n’ai jamais retrouvé cette odeur ailleurs. Aujourd’hui encore, quand je passe devant une cuisine ouverte un dimanche midi, j’ai dix ans, et c’est ma mère qui m’appelle.









